Vénération historique et littéraire

Au cours du XIXe siècle, le culte de sainte Geneviève s’étendit au-delà de la capitale ; objet d’une exploitation politique, elle devint la patronne de la France, à l’instar de Jeanne d’Arc. La montée du nationalisme et du patriotisme au lendemain de la guerre de 1870-1871 mit en exergue l’héroïne qui avait résisté aux envahisseurs. De nombreuses études historiques parurent, certaines somptueusement reliées (comme celle parue chez Plon en 1878), témoignant de la dévotion de la population à son égard. En 1897-1898, Puvis de Chavannes réalisa au Panthéon son cycle de fresques sur la vie de sainte Geneviève.

Les poèmes épiques que deux grands auteurs lui ont consacrés, Péguy à l’aube de la Première Guerre mondiale et Claudel à l’issue du conflit, se rattachent à ce sentiment de piété nationaliste, les Français se ressourçant dans les origines chrétiennes de leur histoire nationale et célébrant la première héroïne et la première sainte du pays.

Charles Péguy publia en janvier 1913 La Tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc, où le parallélisme entre les deux héroïnes est éloquent.

Paul Claudel édita en 1923 à Tokyo, où il était ambassadeur, le poème qu’il avait composé en 1918 sur Sainte Geneviève : les 38 feuillets de cet ouvrage, utilisant la forme traditionnelle des livres japonais, se déplient en accordéon et sont illustrés de gravures sur bois.

 

Commissaire de l’exposition :
Jocelyn Bouquillard
Conservateur à la Réserve de la Bibliothèque Sainte Geneviève.
Mise en ligne :
Gina Mars, département informatique

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