Des palais pour les livres

Des palais pour les livresDes palais pour les livres : Labrouste, Sainte-Geneviève et les bibliothèques, dirigé par Jean-Michel Leniaud (2003).

Communications présentées lors du colloque 2001, chronologie du chantier de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, reproductions en couleur de dessins d’Henri Labrouste (1801-1875). 356 p.

25 €

Est-il vraiment certain qu’on aime en France les livres plus qu’ailleurs ? On laissera la question en suspens : ce n’est pas l’objet du présent livre… Ici, c’est de bibliothèques qu’il est question et la place qu’a tenue dans leur conception l’un des architectes les plus marquants du XIXe siècle : Henri Labrouste (1801-1875). On ne lui doit pas seulement ces exceptionnels édifices qui abritent Sainte-Geneviève et la Bibliothèque nationale, rue de Richelieu, mais, par l’éclat de ces palais destinés aux livres, on lui est redevable en outre d’avoir marqué le lancement d’une politique nouvelle, inédite et, dans une large mesure, sans équivalent en Europe : la création, par l’État ou sous son contrôle, d’équipements culturels destinés à la collectivité. Si l’on écarte, en effet, la reconstruction de l’Opéra en 1821 et les travaux commandés par Charles X au Louvre, l’édification de Sainte-Geneviève, dont Labrouste est chargé en 1838, caractérise le point de départ d’une longue série d’architectures, d’abord destinées aux livres et à la lecture. Archives, musées et théâtre se disputeront la deuxième place.
On veut expliquer ici comment, d’un coup d’essai, Labrouste a bâti un chef-d’œuvre, dont les capacités de fonctionnement étonnent aujourd’hui encore ; comment l’expérience de Sainte-Geneviève, ancrée dans la tradition monastique et nourrie des réflexions recueillies sous la Restauration et au début de la Monarchie de juillet, s’est inscrite dans le contexte international du XIXe siècle tout entier ; comment elle a permis une impressionnante éclosion de réalisations, en Europe comme aux États-Unis. À Sainte-Geneviève, ce n’est pas seulement le principe de programme  » bibliothéconomique  » que l’architecte français a inventé, c’est encore le dessin d’une travée type : il devint par excellence le symbole architecturé de la bibliothèque.
Enfin, on trouvera ici une chronologie détaillée du chantier et la reproduction en couleur d’un nombre important de dessins de Labrouste inédits jusqu’à présent.