trésor du mois – septembre 2017

Le fonds Tessin numérisé : un hommage aux échanges artistiques entre la Suède et la France

Corpus présenté
Accès aux 65 documents numérisés par la bibliothèque Sainte-Geneviève

Le public français a pu découvrir au Louvre, d’octobre 2016 jusqu’au début de l’année 2017, l’exceptionnelle collection du comte Carl Gustaf Tessin (1695-1770), homme d’État suédois, diplomate et collectionneur passionné d’œuvres d’art. Fils de l’architecte Nicodemus Tessin le Jeune (1654-1728), et petit-fils de Nicodemus Tessin l’Ancien1 (1615-1681), lui-même éminent architecte baroque suédois, Carl Gustaf Tessin, qui fut également fabuliste et mémorialiste2, rassembla une collection de tableaux et d’objets d’art considérable actuellement conservée au Nationalmuseet de Stockholm et à l’Institut suédois à Paris.

C’est à cette lignée d’architectes et d’amateurs d’art francophiles que Gunnar W. Lundberg (1903-1986), historien d’art et conseiller culturel auprès de l’Ambassade de Suède à Paris, voulut rendre hommage en créant en 1933 l’Institut Tessin. Ce lieu d’expositions, comportant une bibliothèque et un musée, et dont la vocation était de promouvoir les échanges artistiques entre la France et la Suède, était d’abord situé 6 rue de Tournon dans le VIe arrondissement de Paris. L’Institut Tessin fut ensuite implanté dans l’hôtel de Marle qui abrite aujourd’hui l’Institut suédois.

Le « fonds Tessin » numérisé, mis en avant pour ce Trésor du mois, est une sélection parmi les ouvrages reçus en don de la part de l’Institut suédois. La collection Tessin, composée  de plus de 5 000 volumes en tout, a progressivement rejoint le fonds fenno-scandinave à partir de 1972, grâce à Anders Ryberg, en exercice à la Bibliothèque nordique entre 1964 et 1966. D’autres documents furent ajoutés à ce premier don en 1982, 1989 puis 2005, lorsqu’Enrica Hallvarsson, à présent en poste à la Kungliga biblioteket – Bibliothèque nationale de Suède, occupait la fonction de bibliothécaire déléguée à la Bibliothèque nordique.
Le public peut à présent consulter à distance sur la plateforme archive.org, moissonnée par Europeana et très bien référencée dans les moteurs de recherche, un corpus de 65 documents issus de la collection d’imprimés rassemblée par Gunnar W. Lundberg.

Ce premier ensemble est composé de documents libres de droits relevant en grande partie de l‘histoire de l’art : catalogues d’exposition, ouvrages sur les artistes suédois Bruno Liljefors, Anders Zorn, Ernst Josephson, Oscar Björck ou encore sur Johan Tobias Sergel, Julius Kronberg, Jeremiasz Falck et Johan Tirén, auxquels s’ajoutent des albums de caricatures et des ressources en histoire. Le chercheur trouvera ainsi dans cette bibliothèque numérique des livres sur les souverains Gustave III, Bernadotte ou sur Marie-Antoinette.

Les échanges entre la Suède et la France, au cœur de la démarche de Gunnar W. Lundberg, sont manifestes dans la constitution de sa bibliothèque : l’ouvrage de Voltaire Hvad som mest behagar damerna. Fée-Saga (Ce qui plaît aux dames) comme la pièce Gustave-Wasa, tragédie représentée pour la première fois par les Comédiens François le 7 janvier 1733, d‘Alexis Piron en témoignent.

Les ouvrages illustrés consacrés à la gravure sur bois, aux costumes traditionnels ou aux châteaux de Gripsholm et d’Ulriksdal, donnent également accès à une base iconographique. Ainsi l’ouvrage Sagan om rosen (traduction suédoise du Conte de la rose) illustré par le peintre suédois Carl LARSSON : le lecteur français y découvrira par l’image une partie du Roman de Perceforest3, gigantesque récit arthurien contenant la version la plus ancienne de la Belle Endormie (ou La Belle au bois dormant).

Florence CHAPUIS

1 . Tessin l’Ancien travailla notamment avec le huguenot français de Simon de la Vallée, qui s’était établi en Suède à la demande de la reine Christine. Stockholm lui doit son Palais de la Noblesse (Riddarhuset).

2. http://litteraturbanken.se/forfattare/TessinCG et http://litteraturbanken.se/forfattare/TessinCG/titlar/SkrifterAfTessin/sida/28/faksimil

3. Gaston Paris, « Le conte de la rose dans le Roman de Perceforest », Romania, no 23, 1894, p. 78-140 ;
http://www.persee.fr/doc/roma_0035-8029_1894_num_23_89_5807 et Noémie Chardonnens, « D’un imaginaire à l’autre : la belle endormie du Roman de Perceforest et son fils », Études de lettres (3-4), 2011 Pages 191-204.

Remerciements

Que Gunnel Lindelöv, notre interlocutrice à  Liljevalchs konsthall à Stockholm, chargée des archives et des contacts avec les chercheurs, trouve ici l’expression de notre gratitude pour son aide afin d’obtenir les autorisations nécessaires, lorsque plusieurs galeries et institutions culturelles avaient contribué aux catalogues d’exposition que nous souhaitions numériser.

Bibliographie

Sites
http://tessinsallskapet.se/
http://www.louvre.fr/expositions/collection-tessin-un-suedois-paris-au-18e-siecle
https://paris.si.se/que-proposons-nous/exposition-permantente/

Ouvrages sur l’Institut Tessin
Institut Tessin : 1933-1953 / Tessinsällskapet (Stockholm).
Stockholm : [Tessinsällskapet (Stockholm)], [1954].
8 NN 4132 NOR
Institut Tessin : 1959-1969 / av Gunnar W. Lundberg.
[S.l.] : Utgiven av Styrelsen för Institut Tessin : Tessinsällskapet, cop. 1970.
Exemplaire numéroté 8/99.
8 T 5235 NOR