Sainte Geneviève, patronne de Paris, dans les tableaux de Philippe de Champaigne et Charles Le Brun

Deux fameux peintres du XVIIe siècle, Philippe de Champaigne et Charles Le Brun, illustrèrent ce type iconographique.

Philippe de Champaigne, en 1636, représenta Geneviève en bergère, agenouillée sur un rocher, sa quenouille et sa houlette près d’elle, priant devant Paris, mains jointes, les yeux levés vers le ciel. Ce tableau, conservé au Musée royal des Beaux-Arts de Bruxelles, connut une popularité extraordinaire ; nombreux sont les graveurs qui, tels Nicolas de Plattemontagne, Claude Duflos, Johann Gottfried Krügner ou Sophie Massard, le reproduisirent pour servir de frontispice à des ouvrages consacrés à la sainte, tels les Statuts de la Compagnie des porteurs de la châsse ou encore l’Abrégé de la vie de sainte Geneviève.

Charles Le Brun réussit une synthèse remarquable des trois modèles iconographiques dans un tableau, réputé disparu et connu par des estampes, commande du couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques à Paris. Geneviève, bergère agenouillée, tenant un cierge allumé de la main droite, que se disputent anges et diable, se recueille, dans une attitude de prière ardente, sous un ciel orageux et zébré d’éclairs ; sa quenouille et son fuseau, les clefs et le livre ouvert sont jetés à ses pieds. A l’arrière plan, dans le lointain, apparaît la ville de Paris sauvée du péril barbare ; plus proche, un campement suggère le siège de la cité, et une scène de bataille, animant le quart gauche de l’estampe, évoque le prodige de la déroute des Huns.

Suite : Procession de la châsse de
Sainte Geneviève : origines et causes

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