Sainte Geneviève et l’abbaye éponyme

Comme les Parisiens, Clovis et Clotilde vénéraient Geneviève, modèle de vertu, qu’ils admiraient pour son action publique et sa grandeur morale. Cet ascendant fut tel que Clovis érigea la basilique voulue par Geneviève pour honorer saint Pierre et saint Paul ; l’église fut appelée à recevoir le corps de la sainte et à devenir la nécropole mérovingienne. Le lien fut si étroit que le couple royal fut inhumé aux côtés de la sainte. Après la mort de Clovis en 511, c’est Clotilde qui pérennisera la mémoire de Geneviève en demandant à un clerc parisien de rédiger sa Vie et qui assurera la basilique de revenus pérennes en la dotant de terres.

Certaines estampes attestent de cette proximité avec les fondateurs de la dynastie mérovingienne. Une gravure de Hiérosme David représente la sainte en habit de religieuse, entourée de Clovis et Clotilde à sa gauche, de saint Germain d’Auxerre et saint Loup de Troyes à sa droite ; c’est là le rappel de sa rencontre en 429 avec les deux évêques qui, de passage à Nanterre, la consacrèrent en lui donnant sa fameuse médaille.

La gloire de sainte Geneviève rejaillit sur l’abbaye éponyme, de plus en plus puissante. L’église abbatiale abritait, dans la crypte, le tombeau de la sainte et, dans le chœur, ses reliques, conservées dans une châsse installée au-dessus du maître-autel. La première châsse, conçue au VIIe siècle, sans doute par saint Eloi, orfèvre, évêque de Noyon et conseiller de Dagobert, fut remplacée par une deuxième, au XIIIe siècle, œuvre de l’orfèvre parisien Bonnard ; celle-ci, en forme d’église rehaussée de pierres précieuses, décorée de médaillons et d’arcades, fut restaurée en 1614 par l’orfèvre Pierre Nicolle ; elle figure sur l’estampe d’Ertinger, disposée dans un tabernacle en porphyre reposant sur un édicule fait de colonnes et de cariatides dessiné par Le Mercier.

Suite : Le Panthéon et Saint-Etienne-du-Mont

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