Sainte Geneviève bergère : l’évolution du type pastoral

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les artistes représentent le plus souvent Geneviève dépourvue de son auréole, sous l’apparence d’une bergère ordinaire, dans une tenue simple et rustique ; une coiffe paysanne a remplacé le voile et une houlette le cierge.

Sur une estampe éditée par Jean Mariette d’après Jean-Baptiste Corneille, elle est assise près d’une fontaine, un livre ouvert sur les genoux, sa houlette et sa quenouille à ses côtés, entourée de ses montons. Dieu se manifeste cependant sous la forme d’un faisceau de rayons lumineux descendant du ciel.

Le tableau de Carle Vanloo, gravé notamment par Baléchou, s’éloigne un peu plus encore du motif religieux pour s’apparenter aux sujets galants en vogue au XVIIIe siècle : le cadre est bucolique, Geneviève lit sous un arbre, au bord d’un ruisseau, dans une pose et une mise gracieuses, sous le regard de trois angelots potelés, semblables à des amours.

Au XIXe siècle, si le type de la bergère s’impose définitivement, les éléments de piété reviennent en force. Dans un tableau de Pierre-Narcisse Guérin, lithographié en 1829 par Godefroy Engelmann, Geneviève, filant sa quenouille avec son fuseau, en compagnie de son troupeau de moutons et de deux chiens, apparaît en pieuse pastourelle, les yeux levés vers le ciel, parée d’une auréole et de sa médaille.

Suite : Sainte Geneviève, patronne de Paris

Retour au sommaire