Regards français sur le Brésil au XIXe siècle

Le projet de numérisation « Regards français sur le Brésil au XIXe siècle », réalisé en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, apporte du nouveau dans les études lusophones.

La Bibliothèque Sainte-Geneviève est constituée de trois fonds : l’un est thématique (Bibliothèque nordique), les deux autres à vocation encyclopédique (Fonds général et Réserve). Parmi les rares exceptions à cet encyclopédisme, quelques collections données au cours du XIXe et XXe siècle : un exemple particulièrement intéressant, le fonds Ferdinand Denis numérisé dans le cadre de cette opération.

Entré comme « 4ème employé » à la Bibliothèque Sainte-Geneviève en 1838, Ferdinand Denis (1789-1890) y fit toute sa carrière. Conservateur en 1841, il s’est occupé des acquisitions en langue espagnole et portugaise de la Bibliothèque. Il est devenu l’administrateur de la bibliothèque de 1865 à 1885. Il a laissé une grande partie de sa bibliothèque et de ses archives à la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

Entre 1816 et 1818, à l’occasion d’un voyage au Brésil, il réside à Bahia, visite l’État de Minas Gerais et la ville de Rio. Ses années au Brésil l’ont marqué de façon indélébile ; il y a rencontré un certain nombre de Brésiliens avec qui il correspondra toute sa vie. De retour en France, il publie en 1826 un Résumé de l’histoire littéraire du Brésil qui est la première réflexion sur les spécificités brésiliennes. Toute sa vie, il recevra à Paris les Brésiliens de passage et les accueillera.

Aujourd’hui les historiens de la civilisation luso-brésilienne reconnaissent l’importance historique de ses nombreux écrits. Il est le premier occidental à porter un regard nouveau sur le Brésil, ne se limitant plus à l’exotisme (les Indiens, la faune et la flore) mais analysant les fondements culturels de la nouvelle nation en cours de constitution.

Les volumes hérités de Ferdinand Denis sont triplement riches :

  • un premier lot comporte des annotations manuscrites de Ferdinand Denis, parfois aussi nombreuses que les pages imprimées. ;
  • un second lot est constitué d’ouvrages inédits sur les sujets d’études de l’auteur (liés au Brésil et au Portugal exclusivement).
  • un troisième lot composé de manuscrits apportant une documentation originale. Quelques-uns de ces manuscrits ont été publiés (par exemple : Mes sottises quotidiennes). Mais la correspondance (reçue) est inédite et complète parfaitement les originaux de Denis dispersés dans le monde. Le fonds comprend aussi de nombreuses notes de travail, et des pièces originales recueillies par Denis : récits de voyageurs du XIXe siècle, documents sur la Guyane et ses frontières, etc. D’autre part, un volume de ses lettres de jeunesse à ses parents retrace dans le détail sa découverte du Brésil.

L’opération présentée ici enrichit un corpus déjà existant dans différentes bibliothèques numériques brésiliennes (Rio de Janeiro, Sao Paulo) et dans le portail France-Brésil.

Elle assure une présence internationale à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, celle qu’elle a assumée de facto par rapport au Brésil au XIXe siècle, lors de la présence de Ferdinand Denis. Ferdinand Denis jouerait ainsi pleinement à nouveau son rôle d’ambassadeur de la France au Brésil.

L’importance du fonds numérisé a été reconnue en 2012 par son inscription au patrimoine culturel de l’humanité (UNESCO).

Pour découvrir l’ensemble des collections numérisées dans le cadre de ce projet, visitez la page d’Internet Archive ici.

Exemple :