Le vestibule d’entrée

Labrouste aurait voulu aménager un jardin le long de la façade principale du bâtiment afin de « l’éloigner du bruit de la voie publique » et « de préparer au recueillement les personnes qui le fréquentent ». Ce projet ne put voir le jour faute de place. Le jardin a été transposé par le peintre Alexandre Desgoffe dans le vestibule, dont les murs offrent aux lecteurs en toute saison des arbres toujours verts. Cet espace, peu ouvert, est plutôt sombre. Un symbolisme évident, à l’échelle du bâtiment tout entier, autorise à concevoir le vestibule comme une antichambre, caverne obscure de l’ ignorance, dont le lecteur s’affranchit au fur et à mesure qu’il gravit l’escalier pour parvenir à la lumineuse salle de lecture, temple du savoir. De façon beaucoup plus conventionnelle, les murs sont ornés des bustes de grands noms des différentes sciences représentées dans les collections de l’établissement. Ils ont été ici confiés à Carle Elshoecht, Louis-Parfait Merlieux, Nicolas Mallet. Plusieurs bustes ont figuré au salon de 1849. De telles galeries de portraits d’érudits et de savants illustres relevaient du programme décoratif traditionnel des bibliothèques d’Ancien Régime. Une partie des bustes sculptés par Caffieri et Coysevox, qui ornaient ainsi la galerie de la bibliothèque dans l’ancienne abbaye, sont d’ailleurs conservés à la Réserve.

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