Le Panthéon et Saint-Etienne-du-Mont

Gravement malade, Louis XV invoqua l’intercession de sainte Geneviève ; lui attribuant sa guérison, il fit le vœu en 1744 de reconstruire l’église abbatiale. Le vaste monument fut édifié par Soufflot de 1755 à 1780 dans un style néo-classique. Le motif religieux du fronton sculpté, tel qu’il apparaît sur l’estampe de Bellicard, ne fut jamais réalisé. La nouvelle église abrita dans sa crypte la châsse de sainte Geneviève de 1764 à 1791, date à laquelle elle fut nationalisée pour devenir le Panthéon consacré aux Grands Hommes. Transférée en 1792 à Saint-Etienne-du-Mont, la châsse fut dépouillée, en 1793, de ses pierres précieuses et fondue à la Monnaie de Paris, tandis que les restes de la sainte furent brûlés en place de Grève et jetés dans la Seine.

Au XIXe siècle, des reliques jusqu’alors dispersées de la sainte, provenant d’autres paroisses, comme l’église Sainte-Geneviève-des-Bois, furent recueillies dans de nouvelles châsses ; l’une d’elles, un moment transférée au Panthéon (1853-1885), est conservée à Notre-Dame de Paris. Les autres sont déposés au pied de la statue qui orne l’autel de la chapelle Sainte-Geneviève à Saint-Etienne-du-Mont.

Cette même chapelle abrite la sépulture primitive de la sainte, transférée en 1803 depuis la crypte de l’ancienne église abbatiale, qui allait être démolie en 1807. Le frontispice gravé par Sophie Massard, imprimé en 1804 dans la Translation du tombeau de Sainte-Genevieve en l’église de Saint-Etienne-du-Mont, commémore cet événement. Au milieu du XIXe siècle, la chapelle fut décorée dans le style gothique flamboyant ; la lithographie exposée nous renseigne sur le sarcophage recouvert d’une châsse de verre et de rinceaux de cuivre doré.

Suite : Vénération historique et littéraire

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