Les manuscrits

Les manuscrits de la Bibliothèque Sainte-Geneviève sont signalés dans Calames (CAtalogue en Ligne des Archives et des Manuscrits de l’Enseignement Supérieur). Les notices font l’objet de mises à jour régulières, fruit d’une veille scientifique constante qui indique, pour chaque manuscrit, les ultimes identifications et l’état de la recherche, une bibliographie actualisée (monographies, articles, expositions, colloques et conférences, travaux universitaires publiés ou non).
Certains fonds ont donné lieu à des outils spécifiques pour les manuscrits.

Saint Jean - Evangéliaire de Saint-Frambourg de Senlis, IXe s., ms 1190, fol. 151v-152.La Réserve de la Bibliothèque Sainte-Geneviève conserve 6 300 manuscrits du IXe au XXe s., dont près de 600 sont médiévaux et plus de 300 enluminés. Parmi les plus anciens manuscrits conservés figurent un volume contenant les commentaires de Cassiodore sur les Psaumes copié au VIIIe siècle (ms. 55), un sacramentaire commandé par l’église de Senlis au IXe siècle (ms. 111), un évangéliaire réalisé et décoré dans un scriptorium de Mayence ou de Reims au IXe siècle, comportant quatre miniatures à pleine page représentant les évangélistes (ms. 1190).

Moïse enfant recueilli par la fille de Pharaon Initiale figurée, Bible dite de Manerius, XIIe s., ms 8, fol. 41v.La collection de manuscrits à peintures, datant du IXe au début du XVIIIe siècle, est particulièrement riche. Citons la Bible dite de Manerius, du nom du scribe de Cantorbéry qui la copia vers 1185, signant son ouvrage en un long colophon (ms. 8-10).

Un missel à l’usage de l’abbaye Sainte-Geneviève, composé du XIIIe au XVe siècle et réunissant plusieurs textes liturgiques pourvus de notations de plain-chant, comporte notamment une magnifique enluminure à pleine page, représentant, dans le registre inférieur d’une crucifixion, sainte Geneviève entourée de quatre apôtres (ms. 1259).

Sainte Geneviève et quatre apôtres Missel à l'usage de Sainte-Geneviève, XIVe s., ms 1259, fol. 173v.Deux manuscrits de la Cité de Dieu de saint Augustin, exécutés au XVe siècle, sont particulièrement prestigieux. L’un fut copié à Mantoue dans une belle écriture humanistique par Jean Gobel, trésorier du pape Pie II, en 1459. La première page du texte, dans un encadrement de fleurs et d’entrelacs, présente en vignette une vue de la ville de Rome dont la précision archéologique mérite d’être soulignée (ms. 218). L’autre, qui contient la traduction française du texte d’Augustin due à Raoul de Presles, a été exécuté pour le secrétaire du roi Mathieu Beauvarlet. Ses peintures, et notamment une grande composition consacrée aux vertus et vices de la cité terrestre, sont attribuées à « Maître François », un miniaturiste dont l’atelier a fourni les collectionneurs de la cour et les notables parisiens entre 1460 et 1480 (ms. 246).

La ville de Rome Saint Augustin, De civitate Dei, XVe s., ms 218, fol. 2.

Vertus et vices de la cité terrestre Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVe s., ms 246, fol. 3v.

Romulus et Remus Tite-Live, Histoires romaines, XIVe s., ms 777, fol. 7.

Citons encore le manuscrit des Histoires romaines de Tite-Live, dans la traduction de Pierre Bressuire, dont la décoration a été exécutée à Paris vers 1370, certainement au sein de l’atelier du « Maître aux boqueteaux ». Ce manuscrit, qui a appartenu à Charles V puis à Charles VI, a fait partie des volumes saisis par le duc de Bedford dans la bibliothèque du château du Louvre lors de la Guerre de Cent ans (ms. 777). Enfin, parmi les rares manuscrits grecs de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, figure un exemplaire du bestiaire de Manuel Philé, copié de la main du calligraphe Ange Vergèce en 1566 ; les notices, consacrées aux animaux marins, célestes, terrestres et fantastiques, sont suivies de leur représentation (ms. 3401).

Cynocéphale. Manuel Philé, "De Animalium proprietate", 1566, ms. 3401, f. 31vA côté des volumes richement enluminés ou rubriqués, la collection de manuscrits de la Bibliothèque Sainte-Geneviève comprend des pièces moins spectaculaires mais d’un intérêt capital : documents produits par l’administration de l’abbaye et la gestion de ses biens, cartulaires et censiers qui constituent une source essentielle pour l’histoire de la topographie parisienne, recueils de sermons, traités juridiques, mathématiques ou astronomiques, documents relatifs aux réformes ecclésiastiques du XVIIe siècle, nombreux manuscrits musicaux. La correspondance des génovéfains, réunie en recueils, est riche d’enseignements sur les préoccupations spirituelles, mais aussi scientifiques et politiques des chanoines. Signalons enfin les fonds d’origine privée entrés dans nos collections aux XIXe et XXe siècles. Souvent centrés sur un domaine particulier de la littérature ou de l’érudition, ils rassemblent papiers personnels, archives de travail et correspondance : fonds Paul Riant sur l’Orient latin, recueils généalogiques et armoriaux du fonds Pierre-Ernest Déverin, fonds Emmanuel Dionis du Séjour sur l’histoire de la médecine militaire, fonds Ferdinand Denis consacré à l’histoire du Brésil, papiers Louis-Loup Florent sur la calligraphie et la linguistique chinoises, papiers de l’éditeur et critique littéraire Henri Girard, riches de correspondances littéraires entretenues avec Sainte-Beuve, Prosper Mérimée, Ivan Tourguenev, Max Jacob, Georges Bataille ou Roger Caillois.